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HOMMAGE



À M. ALBERT LOZEAU


L’aile atteinte en son vol n’aura plus, désormais,
Ces frissons de plaisir qui troublaient la ramure ;
La moisson parfois souffre avant que d’être mûre ;
L’arbre un jour abattu ne refleurit jamais.

Et te voilà gisant comme l’arbre mort. Mais
Sur ta lèvre pâlie il court un doux murmure.
Tu portes la douleur comme on porte une armure,
Et ton aile brisée effleure des sommets.

Nul cri de révolté n’est sorti de ta bouche,
Et la Muse attendrie effeuille, sur ta couche,
Des fleurs dont le parfum a la chaleur du vin.

Des chants inattendus traversent les bruines,
Et des nimbes sacrés couronnent nos ruines,
Quand descend un rayon du grand foyer divin.