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AU FOYER



LE FOYER


Heureux qui naît et meurt au rustique foyer
Où l’aïeul a laissé son souvenir ! Quel charme
Dans les murs blancs de chaux où pend une vieille arme !
Dans l’âtre où l’on verra les bûches flamboyer !

Les jeunes d’autrefois y venaient festoyer.
Le vieux temps n’avait pas une rigueur, de carme.
On dirait qu’un écho de l’amusant vacarme,
Sous le plafond noirci vient encore ondoyer.

Au foyer des aïeux la vie est plus intense,
Et rien, nous semble-t-il, n’a rompu l’existence
Des générations qui nous ont devancés.

Moi, je me sens perdu dans la foule des êtres ;
Mes jours semblent plus courts et plus mal dépensés,
Car je n’ai pas vieilli sous le toit des ancêtres.