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AU FOYER



MA MÈRE


Un jour que je rentrais au village natal,
Je la vis au jardin de notre vieille auberge.
Elle priait, pendant que là-bas, sur la berge,
Une cloche chantait de sa voix de métal.

Près d’un cierge allumé, sur un blanc piédestal,
Un grand vase de fleurs embaumait une vierge.
Des gouttes d’eau tombaient à la lueur du cierge,
Car il était trop plein le vase de cristal.

Ce souvenir est loin. Notre cœur est un vase
Que les soins d’une mère ont seuls pu façonner.
Il est large et profond ; l’amour le fait sonner.

D’une aile infatigable un rêve doux le rase.
Dieu lui verse en secret ivresses et douleurs,
Et quand il est trop plein on voit tomber des pleurs.