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AU FOYER



À MA PETITE IRÈNE

(Le jour de sa première communion)


Dans ton voile de neige, oh ! comme tu te drapes !
Par ce rose matin d’où viens-tu rose aussi ?
Ta joue a des rayons. Le printemps que voici
A-t-il donc secoué sur ta tête ses grappes ?

Tu viens de festoyer aux célestes agapes.
C’est la première fois. Approche, approche ici,
Que je baise ton front serein. C’est comme si
Une miette pour moi tombait des saintes nappes.

A tes chastes frissons ne l’as-tu pas compris ?
Jésus t’a regardée et ton cœur s’est épris,
Et tu pleures, disant qu’un voile le dérobe.

Pour le voir, lui si’beau, dans son ciel azuré,
Sur ton épaule, enfant, garde ta blanche robe,
Et garde dans ton cœur le tendre amour juré.