Page:LeMay - Les gouttelettes, sonnets, 1904.djvu/90

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
88
AU FOYER



VIEILLESSE


Seul, un soir, je marchais près du ruisseau qui court
Sous les pins odorants de mon petit domaine ;
Je rêvais au passé que rien ne nous ramène,
Et tout le temps vécu me paraissait bien court.

L’ennui, comme un boulet, rendait mon pas plus lourd ;
J’éprouvais les rancœurs du gueux que l’on surmène ;
Je cherchais le pourquoi de toute vie humaine ;
Je n’avais plus d’espoirs ; mon cœur devenait sourd.

Arbres, fleurs et gazon, fleuve aux profondes vagues,
Chansons des nids, soupirs des bois, murmures vagues,
Tout était là. Pourtant, je n’ai pas tressailli.

Elles m’ont laissé froid, ces choses si troublantes,
Et j’ai vu des oiseaux, des insectes, des plantes,
Se dire avec tristesse : — Hélas ! il a vieilli !