Page:LeMoine - Ornithologie du Canada, 1ère partie, 1861.djvu/117

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quant au plumage, diffère peu de la femelle. Une seule faute peut lui être reprochée : il pille sans miséricorde le nid des Corneilles, des Geais et autres larrons de même aloi, et mange sans scrupule leurs œufs. En revanche, le Coucou est l’ami du cultivateur et détruit les larves d’un grand nombre d’insectes nuisibles à l’agriculture.



LES PICS OU PIQUE-BOIS.


Les Pics, habitants naturels des grandes forêts, sont beaucoup plus nombreux dans l’Amérique septentrionale qu’en Europe. Pour cinq espèces que Vieillot comptait en France, on en compte maintenant vingt-neuf en Amérique. On en a remarqué neuf à dix sortes en Canada. Symboles du travail et de la persévérance, la nature leur a donné des instruments appropriés à leurs besoins. Des pieds courts, des ongles forts et arqués pour grimper et se cramponner aux arbres ; un bec dur, quarré et taillé en ciseau à sa pointe pour creuser et fendre l’écorce ; une queue composée de plumes élastiques, fortes et à barbes roides et dures pour se solider et servir de point d’appui ; une langue pointue, longue, visqueuse et susceptible d’être dardée hors du bec par un mécanisme tout spécial, pour retirer les insectes des trous ; tels sont les moyens ingénieux que la nature leur a fournis pour bien exercer leur laborieuse industrie. Les Pics ont un merveilleux instinct pour découvrir les insectes dans le cœur des arbres cariés ou morts. Ils se cramponnent d’abord au pied de l’arbre, posent le ventre sur le tronc et prêtent l’oreille pour s’assurer s’il contient des insectes rongeurs ; ils montent ensuite peu à peu, s’arrêtent un instant pour écouter, et continuent ainsi jusqu’à ce qu’ils entendent le bruit que fait la larve ; lorsqu’ils sont assurés de l’endroit, des coups de becs redoublés leur ont bientôt livré leur proie.

Ils ont encore une autre manière de chasser qu’ils