Page:LeMoine - Ornithologie du Canada, 1ère partie, 1861.djvu/26

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raire pensée d’affaiblir l’admiration due à l’immortel écrivain que la France comptera toujours avec orgueil parmi ses gloires scientifiques et littéraires. En invitant nos lecteurs à étudier comparativement le style de deux hommes si éminents, nous voulons seulement leur faire sentir combien un esprit souple et exact, qui a étudié de près la nature, a l’avantage sur le génie le plus brillant qui n’a pu l’observer que dans une ménagerie ou dans un jardin. L’amour passionné de l’histoire naturelle, voilà tout le secret du talent descriptif d’Audubon, et l’observation attentive des faits a suffi pour donner à ses tableaux une chaleur et un coloris que l’écrivain le plus habile ne saurait trouver dans la poudre du cabinet. »

Avions-nous raison de dire que l’Amérique avait, elle aussi, ses privilégiés de l’intelligence ?



LES HIBOUX DU CANADA.


Le hibou a de tout temps, par ses mœurs étranges, ses habitudes solitaires, ses lugubres accents nocturnes, inspiré aux peuples une terreur vague mêlée de mystère. Les Grecs l’appellent Athéné (Minerve) parce qu’ils lui attribuent la connaissance de l’avenir et Surnion[1] oiseau de mauvais augure, étant, disent-ils, un prophète de malheur aux individus et aux nations. Il joue son rôle obligé dans les peintures des poëtes qui le font intervenir à point nommé, au fort de la tempête, — dans la solitude de la forêt — pendant les ténèbres de la nuit, — dans la tour vermoulue d’un château gothique. — Shakespeare fait dire à Casca, un des conspirateurs, que parmi les phénomènes effroyables dont Rome vient d’être le théâtre et qui présagent la mort de

  1. Texte grec.