Page:LeMoine - Ornithologie du Canada, 1ère partie, 1861.djvu/60

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habitations, mais bien plus souvent auprès des villages et des villes où elle paraît se plaire. » Nous n’avons que peu à ajouter sur les habitudes de cet oiseau qui paraît peu répandu en Canada.

Dimensions, 12.

Ce Faucon, connu dans les campagnes sous le nom d’Émerillon, est le plus petit de tous les oiseaux de proie : il est un peu plus gros qu’un Merle ; il est fort courageux et se nourrit d’Alouettes, de Pleuviers, de Bécassines et même de Perdrix et de Pigeons. Sa manœuvre, pour s’emparer des Perdrix et de Pigeons, réussit presque toujours : quand il poursuit une compagnie de ces oiseaux, il commence par isoler de ses compagnons celui qu’il convoite, puis il décrit autour de lui une spirale qu’il resserre de plus en plus, jusqu’au moment où il saisit sa victime, qu’il heurte de sa poitrine assez violemment pour la tuer du coup, quand sa griffe l’a manquée. D’autres fois, c’est en passant rapidement le long des haies qu’il enlève sa proie ; son aspect terrifie les oiseaux cachés dans le feuillage ; et ils se laissent prendre sans chercher à fuir.

« Une des questions, dit Cassin, les plus difficiles à résoudre sur la famille accipitrine, c’est la variété de leur livrée, selon les saisons et l’âge des individus. Il y a encore nombre de particularités à noter sur l’histoire de ces animaux. — Plusieurs espèces, telles que l’Aigle de Washington, l’Autour de Saint Jean sont fort rares aux États-Unis (et au Canada). Pendant l’hiver, plusieurs espèces fréquentent les rivages de la mer, d’autres les bords des rivières et des baies — l’apparition de la locomotive et des vapeurs en a fait déguerpir un grand nombre : ces innovations froissent évidemment les idées des Aigles et des Éperviers. De temps à autre on distingue au haut des airs d’immenses bandes d’Éperviers voyageant de compagnie. Ce phénomène a été remarqué par le professeur Baird, le Dr. Hoy, du Wisconsin, et par nous-même,