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AUTOUR DE LA MAISON

sagement,autant que possible ; mais pouvions-nous chasser les distractions que le ciel bleu nous envoyait ? La lumière entrait dorée de soleil par les grandes fenêtres et l’on regardait voltiger les poussières dans les rayons. Est-ce qu’on deviendrait, après la mort, une poussière aussi fine qui danserait dans la lumière ?

MèreS.-Anastasie faisait le signe de la croix. Le catéchisme finissait et c’était l’heure de l’office. On se précipitait, en chuchotant, au vestiaire ; on s’asseyait à terre ou dans l’escalier pour mettre ses grands bas, et, une fois habillées, on prenait les rangs. Par une porte latérale, on arrivait tout de suite à l’église, en traversant une étroite cour où le trottoir était toujours glacé. On tombait parfois, sans se faire mal et en riant aux éclats. Un tambour de bois gris était ajouté à l’église pour l’hiver ; on entrait en luttant contre les portes lourdes et l’on prenait place dans les bancs de côté, près du mur, en face de saint Joseph. Les fidèles arrivaient. Marie et moi, nous retournions la tête à maintes reprises, furtivement, pour voir, dans l’allée voisine, un peu en arrière, Tante Estelle, et Toto et Pierre qui nous grimaçaient des sourires comiques. Ensuite, ils nous regardaient en montrant le blanc des yeux, signe de dévotion !