Page:LeNormand - Autour de la maison, 1916.djvu/151

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
151
AUTOUR DE LA MAISON

mon enfance, qui sait si je ne serais pas devenue indifférente à sa tranquille beauté ; si je n’aurais pas eu une âme un peu morte, ainsi que cette rivière si calme qui n’eût jamais de vagues et murmure toujours les mêmes chansons !


XLIII


Ce soir, j’essaie de me rappeler ma lointaine première communion. Mes souvenirs ressemblent à des images qui se dessineraient en fumée. Pourtant, si je cherche, je vois : Sur les allées en pierrettes bleues du parterre, au couvent, toutes les préparantes, nous nous promenons deux à deux, silencieuses, recueillies, autour d’un tertre de gazon où s’élève une Vierge blanche. Nous sommes en retraite. Nous avons récité bien des fois le chapelet et je me retrouve lisant le « Guide de la jeune fille. » C’est grave et tellement sérieux que je ne sais pas au juste si je comprends ; mais je suis émue, toute ma petite âme vibre…

Plus tard, après la confession générale des menues fautes de notre vie si neuve, nous marchons sur la galerie du pensionnat. En face, il y a des maisons, des arbres ; à coté, l’église qui s’avance. Mère S.-Anastasie nous demande si nous sommes soulagées et con-