Page:LeNormand - Autour de la maison, 1916.djvu/32

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
32
AUTOUR DE LA MAISON

Alors, on se faisait secouer un peu rudement par le bras ; on prenait des visages contrits et… souriants. « Excusez-nous, madame, on l’a pas fait exprès. » La madame partie, on éclatait de rire.

Et l’on repartait au galop, repassant par les mêmes petites rues, où les bonnes femmes causaient maintenant sans tricoter, le soleil ayant dit « bonsoir ». C’était l’heure des « chars ». Des couples s’en allaient. Un soir, petit Pierre, du haut de ses sept ans, avait crié à des amoureux qu’on avait un peu bousculés : « Ah ! que c’est beau, la jeunesse ! »

Nous étions l’enfance, l’enfance qui jouait au cerceau ! L’enfance qui riait à tout, qui se dépensait de toute âme et à… toutes jambes. On courait plus vite, en voyant de loin la haute clôture brune de la cour de chez nous, et les cerceaux arrivaient les premiers, pèle-mêle, se frappant dans le parterre. Ils roulaient sur l’herbe, en se balançant et allaient tomber un peu partout comme fatigués d’avoir tant tourné !

On se précipitait dans le hamac. Les garçons se mettaient à cheval sur le bras de la galerie, et essoufflés, l’on se reposait en regardant au ciel s’allumer les étoiles.

Au bout d’un temps, on chantait « Malbrough », en chœur ; ensuite, on improvisait