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AUTOUR DE LA MAISON

cheveux trempés. Puis, tante nous rejoignait juste au moment où nous touchions mutuellement nos cœurs essouflés pour voir lequel des deux battait le plus fort ! Elle nous grondait un peu, essuyait nos fronts, et nous entrions à l’église.

Oh ! les tranquilles maisons du bon Dieu à la campagne, et les bonnes petites prières d’enfants heureux !

Ensuite, les retours joyeux ! Le soleil est à peine couché et il ne fait qu’à demi brun. Les petits cousins Ludovic, Jean, Jacques, puis Lucette, Marie, Germaine se joignent à nous. Leurs mamans marchent avec tante Estelle. Nous, nous jouons à la tag.

Arrivés au parterre, nous nous jetons dans l’herbe, et comme les mamans s’installent sur la galerie et que les cousins nous restent, l’un de nous s’écrie : Jouons au but volé !

On commence par « Un, deux, trois, quatre, ma petite vache a mal aux pattes, tirons-la par la queue, elle deviendra mieux », pour savoir qui sera dedans. Alors Pierre ou Jean s’appuie au plus gros arbre, le bras replié sur l’œil droit, le gauche nous suivant à la dérobée. Il crie, escamotant la moitié des chiffres : « un, deux, trois, quatre, six… cinquante ! Ceux qui ne seront pas cachés seront “dedans” ». Il se retourne très vite, fait mine de voir quelqu’un