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AUTOUR DE LA MAISON

dans la lumière du printemps, dans la douceur de l’air, dans le paysage de vert tendre et d’eau bleue.

Un jour, j’ai revu mon village natal. Le vieillard et le coin rond n’y étaient plus. Le bon Dieu a pris dans son paradis parrain St-Germain, et les hommes ont démoli la vieille maison qui était inutile…


XXI


Tout à fait au bout du demi-cercle que formait la rivière avant de disparaître du paysage, on voyait de chez nous la grande roue ailée d’un moulin à vent. Un jour, à la fin de l’automne, nous étions en train de jouer devant la maison, Toto et moi, quand la neige se mit à tomber. C’était un bonheur que nous attendions depuis longtemps ! Une joie extraordinaire entra en nous, et je me souviens de cette impression assez indéfinissable, parce que je l’ai ressentie bien des années après, à la première neige. On dirait un tourbillon intérieur de papillons blancs très fous, qui sont nos pensées d’enfants, voltigeant sur tous les plaisirs possibles… Toto me promit de me traîner chaque jour, en courant fort, surtout ! et puis, nous allions faire des bonshommes de neige, pelleter,