Page:Le Bon - Psychologie de l’Éducation.djvu/45

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bas devant les circulaires ministérielles, mais ils continueront à enseigner comme ils l’ont toujours fait, parce qu’ils ne pourraient enseigner autrement.

Les dépositions de l’enquête que nous reproduisons dans cet ouvrage fourniront un frappant exemple de l’impossibilité où se trouvent aujourd’hui nos professeurs de changer leurs méthodes d’enseignement. Il y a un certain nombre d’années, un ministre de l’Instruction publique, M. Léon Bourgeois avait rêvé d’entreprendre à lui seul la réforme de l’Université, en créant ce qu’on appela l’Enseignement moderne, terminé par un baccalauréat spécial conférant à peu près les mêmes privilèges que le baccalauréat classique. Les langues anciennes se trouvaient remplacées par les langues vivantes, l’enseignement des sciences fortifié. Tout était parfait dans le programme. Il ne manqua que les maîtres capables de l’appliquer. Les professeurs de l’Université enseignèrent les langues vivantes comme les langues mortes, en ne s’occupant que de subtilités grammaticales. Les sciences furent apprises à coups de manuels. Les résultats obtenus furent finalement, nous le verrons, des plus médiocres.

Il faut rendre justice à la science livresque de nos professeurs. Tout ce qui est susceptible d’être appris par cœur, ils l’ont appris, mais leur valeur pédagogique est entièrement nulle. On l’a insinué parfois au cours de l’enquête, quoique timidement. C’est en dehors de l’enquête que se rencontrèrent quelques esprits assez indépendants pour révéler un état de choses de plus en plus visible aujourd’hui.

La faible valeur pédagogique des professeurs de