Page:Le Bon - Psychologie de l’Éducation.djvu/60

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power) s’exalte par des épreuves de plus en plus dures, développant la réflexion pour approprier les moyens aux fins, la patience pour l’accomplissement de tâches longues et ardues.

Dans les écoles d’enseignement supérieur se continue le triomphe de l’initiative et de l’effort ; l’expérience faite par les élèves y est la base des études ; le professeur guide les individualités sans les subjuguer ; il semble avoir le plus haut souci de laisser se manifester leurs aspirations propres, leur intelligence et leurs talents personnels.

… Déposer dans les cerveaux des enfants et des adolescents le germe de la volonté ; leur donner, dès le jeune âge, le goût de l’action persévérante ; hâter chez eux le passage de l’état de dépendance à l’esprit d’indépendance ; préparer, par une éducation scolaire appropriée, les enfants des classes les plus modestes à se subvenir à eux-mêmes, à ne compter que sur eux-mêmes, au « self-support », telle semble être la plus haute préoccupation des écoles primaires et moyennes.


L’éducation ouvrière par l’école industrielle et professionnelle use également à l’extrême de l’expérimentation pratique.

L’ouvrier américain est le prototype de l’ouvrier européen de l’avenir. Dans toutes les professions qualifiées, il est un homme instruit : le règne de l’ouvrier du passé, dont le savoir se bornait à des recettes, des procédés, des tours de main et des secrets, est depuis longtemps terminé dans les usines modernes du Nouveau-Monde. Toutes réalisent le « labor saving », l’économie de main-d’œuvre, par l’emploi de machines-outils perfectionnées ; la conduite intelligente de ces outils nécessite plus de cerveau et de nerfs que de muscles, plus d’attention, de décision rapide et d’habileté manipulatoire que de force physique.

Les perfectionnements et les transformations rapides que l’industrie a subis dans son outillage et dans ses méthodes de travail ont fait naître, chez les ouvriers, conducteurs et chefs d’ateliers, des qualités nouvelles, intellectuelles plutôt que physiques ; les écoles industrielles, sous toutes leurs formes, s’efforcent de développer ces qualités et de les fixer dans la race.

Comme dans l’enseignement général, les études théoriques se font d’après des méthodes très concrètes ; les leçons orales s’appuient sur des exercices d’expérimentation et de manipulation, qui ont pour effet d’ajouter aux connaissances fondamentales des métiers l’esprit d’observation, l’habileté manuelle, l’intelligence industrielle. Sauf dans trois ou quatre écoles professionnelles, nulle trace de spécialisation ; l’école cherche à