Page:Le Coran (Traduction de Savary, vol. 2), 1821.pdf/12

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9Nous avons fait descendre le livre [1] des avertissemens. Nous sommes chargés de sa conservation.

10Nous envoyâmes des prophètes aux sectes des anciens.

11Ils furent tous en butte aux traits de la raillerie.

12Ainsi nous endurcissons le cœur des méchans.

13Il ne croiront point, malgré l’exemple des peuples qui les ont précédés.

14Si nous ouvrions la porte du ciel, et qu’ils fussent prêts à y entrer,

15Ils s’écrieraient : L’ivresse offusque nos yeux, ou nous sommes dans l’illusion.

16Nous avons placé au firmament des signes [2] pour contenter les regards.

17Nous les défendons contre les attentats des démons percés de traits [3].


  1. Ce livre est le Coran. Il est confié à la garde des anges. Ils doivent veiller à ce qu’il ne souffre ni changement ni altération. Gelaleddin.

    Lorsque Dieu envoya le Coran à Mahomet, Gabriel fut chargé du message. Des anges furent placés devant et derrière pour empêcher que les démons portassent atteinte à sa pureté. Les esprits célestes furent chargés de veiller à sa conservation. Zamchascar.

  2. Nous avons placé des signes au firmament. Ce sont, suivant les Arabes, les signes du Zodiaque dont voici les noms : Elhaml, eltôr, eljauza, elsartan, elaçad, elsembala, elmizan, elacrab, elcaus, elgedi, eldelou, elhaut. Le belier, le taureau, les gémeaux, le cancer, le lion, l’épi, la balance, le scorpion, le sagittaire, le capricorne, le verseau, les poissons.
  3. Les mahométans croient qu’avant Mahomet, les démons s’élevaient jusqu’aux signes du Zodiaque, qu’ils y écoutaient les discours des anges, et les révélaient ensuite aux devins et aux magiciens. A l’instant où Mahomet vint au monde, Dieu les chassa des sphères célestes, et leur défendit d’écouter les secrets du ciel. Il en est encore qui font des efforts pour y pénétrer ; mais des traits enflammés les en précipitent. Les météores que l’on voit briller au milieu des ténèbres, et que Virgiles décrit ainsi :
    Sœpe etiam stellas, vento impendente, videbis
    Præcipites cœlo labi, noctisque per umbras,
    Flammarum longos à tergo albescere tractus.

    Les Turcs les regardent comme des traits de feu que le Très-Haut lance contre les démons qui s’efforcent de s’élever jusqu’aux signes du Zodiaque. Maracci, page 384.