Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/13

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prendre, et, quand je n’y arrivais pas, je renfermais dans un silence attristé mon humilité d’élève insuffisant.

J’ai pris ma revanche depuis que vous m’avez guéri du dogmatisme ; peut-être même ai-je dépassé la saine mesure (mais les oscillations sont dans la nature de l’homme comme dans celle du pendule). Peut-être, après avoir vraiment souffert de ne pas penser comme les autres, ai-je pris soin, au contraire, de cultiver les côtés singuliers de mon cerveau. Je suis trop bon déterministe pour croire qu’il eût pu en être autrement ; je suis trop bon déterministe aussi pour me faire un mérite d’avoir pensé « suivant ma nature ». Du moins y ai-je trouvé de grandes joies, et je vous serai éternellement reconnaissant d’avoir écarté de moi le spectre stérilisant de l« Autorité ».


Ty-Plad, 20 septembre 1906.