Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/150

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dissemblables est le point le plus important de la biologie générale ; c’est le problème de la définition de la vie.

Voici, au contraire, des êtres qui se ressemblent énormément, des moineaux si vous voulez ; ils se ressemblent tellement qu’au premier abord on les croit identiques. Ils ne le sont pas, en réalité. Si l’on recueille cent mille feuilles de chêne dans une forêt, il n’arrive jamais que deux d’entre elles soient rigoureusement égales. Et, cependant, nous voyons bien que nous devons leur appliquer la même dénomination de feuilles de chêne. C’est la question si délicate de la définition de l’espèce.

Un même homme, à deux moments distincts de sa vie, se ressemble à lui-même, cela est certain : mais nous avons vu tout à l’heure le danger qui résulte d’une croyance hâtive à une invariabilité qui n’est qu’apparente ; le problème de l’évolution individuelle consiste dans l’étude de différences acquises, mais qui respectent certaines similitudes…

Dans la fabrication même de l’être vivant, que d’éléments en apparence dissemblables ! des nerfs, des os, du sang, des muscles ! Et, cependant, il y a quelque chose de commun à tous ces éléments ; ils portent l’estampille de l’individu auquel ils appartiennent. De même, un jeu de cartes est formé de cartes toutes différentes si on les regarde du côté significatif, toutes semblables si on les regarde du