Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/183

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possible à d’autres qu’à moi d’étudier et de connaître mes pensées par des moyens scientifiques, en mesurant les modifications mesurables qui les accompagnent. C’est là évidemment le point délicat du monisme : affirmer qu’on pourra mesurer un jour des choses qu’on ne sait pas encore mesurer ; mais il est tout naturel que les objections à un système qui veut tout mesurer se présentent à propos des choses les plus difficiles à mesurer.

Il faut bien constater, d’ailleurs, que si le monisme est coupable ici d’affirmations prématurées, le dualisme n’est pas en meilleure posture ; au contraire, quand il s’agit de la pensée humaine, il est même en si mauvaise position, me semble-t-il, que le monisme s’impose, malgré les difficultés que je viens de signaler.

L’étude approfondie de l’homme et des animaux a montré, en effet, que tout change à chaque instant en chaque point d’un corps vivant. Outre les phénomènes microscopiques de contraction musculaire, de circulation du sang, de locomotion, il y a, même chez les êtres les plus immobiles en apparence, des modifications incessantes d’état colloïde dans les protoplasmas des tissus, et, à un degré encore plus bas de l’échelle des dimensions, des réactions chimiques incessantes, réactions si intimement liées à la vie qu’on a pu dire qu’elles sont la vie elle-même.