Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/189

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renoncer à cette séduisante perspective ; de l’avis de la plupart des physiciens, les rayons N ont vécu. Je dis « malheureusement » au point de vue de la solution du débat entre les monistes et les dualistes, mais je ne pense pas que le plus enragé moniste fût enchanté de prévoir qu’on pourrait lire un jour dans son cerveau. Cependant, la faillite des rayons N, si faillite il y a, indique seulement qu’il faut chercher ailleurs, et ne fait pas renoncer au monisme. Il est certainement très difficile de mesurer ce qui se passe dans le cerveau d’un homme qui pense, mais, de ce qu’on a échoué par une méthode, il ne s’ensuit pas que cette mesure soit impossible. Il me paraît, en tout cas, encore plus difficile aux dualistes de prouver, comme l’affirme M. Armand Gautier, qu’il ne se produit aucune modification matérielle dans un cerveau qui pense, car nous savons, à n’en pouvoir douter, que, là comme dans le reste du corps de l’homme vivant, tout est en voie de transformation constante.

Et c’est précisément, me semble-t-il, ce qui doit faire pencher vers le monisme tout esprit débarrassé d’idées préconçues, car il est certain que le dualisme a pris naissance à une époque où l’ignorance des phénomènes de détail, la croyance au repos absolu, devaient fatalement amener à la conception d’un quelque chose qui mettait en mouvement les masses inertes, tandis que le monisme