Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/200

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


dans le cas de maladies, pourrait être imputé uniquement au mécanisme faussé, et non à la pensée indépendante qui le dirige ; de même un mécanicien bien portant serait incapable de locomotiver convenablement au moyen d’une locomotive qui aurait le cylindre crevé ou manquerait d’eau ; je parle seulement de la pensée qui ne se manifeste par aucune activité mesurable, des réflexions sublimes sur l’existence de Dieu ou sur l’instabilité des choses humaines par exemple ; et je prétends qu’un homme qui a bu trop d’absinthe ne pensera pas, à ce sujet, de la même manière qu’il l’eût fait à jeun. C’est, me dira-t-on, que ses organes des sens, troublés par l’ivresse, lui apportent, sur ce qui se passe dans le monde ambiant, des documents inexacts. Je demanderai alors qu’on veuille bien choisir, s’il y en a, un ordre de pensées qui soit indépendant des documents apportés par les organes des sens aux centres nerveux.

Si mon partenaire m’en signale, je lui demanderai de vouloir bien se griser et remarquer ensuite par lui-même que ses pensées sont modifiées, même dans cet ordre très particulier de questions.

S’il me déclare au contraire qu’il n’en trouve pas, je constaterai avec satisfaction qu’il est du même avis que moi, et qu’il n’est pas besoin d’expérience pour le convaincre du point fondamental du monisme, savoir, que les pensées de l’homme ne sont pas indépendantes de modifications apportées à