Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/209

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


point de vue objectif que le résultat d’une réaction constante entre les agents qui constituent son corps et les agents qui constituent le milieu ambiant ; la vie est le résultat d’une lutte de deux facteurs[1] ; elle ne saurait donc être considérée comme résidant dans un seul de ces facteurs. Montrez-moi un homme qui marche, qui parle, ou qui homme d’une manière quelconque, sans atmosphère, sans lumière, sans chaleur, sans nourriture, etc., et j’admettrai que cet homme fait tout cela par lui-même ; mais s’il lui faut, pour faire tout cela, de la chaleur, par exemple, je vous répondrai que, sous l’influence de la chaleur, l’eau aussi entre spontanément en mouvement au point d’actionner une locomotive ; elle est néanmoins soumise au principe de l’Inertie.

La véritable définition de la liberté animale me semble résider en ceci que, contre certains agents extérieurs (je dis certains agents, car l’homme le plus volontaire serait entraîné fatalement dans un courant d’eau aussi violent que la chute du Niagara), contre certains agents extérieurs, l’animal vivant agit, suivant sa nature, pour des raisons qui sont en lui, et qui, ajouterai-je, sont, dans l’état actuel de la science, connues de lui seul.

Cette définition est valable, que « les raisons qui sont dans l’animal » soient des raisons de

  1. Voy. La Lutte universelle. Paris, Flammarion, 1906.