Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/263

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


marginales que j’ai parfois grand’peine à relire, ou bourrés de petits papiers ; je ne veux pas les rouvrir : je m’y plongerais de nouveau, j’y griffonnerais de nouvelles notes, et je renverrais à je ne sais quand cette lettre que je vous ai promise. Oui, j’ai beaucoup causé avec vous, silencieusement. Voici que j’ai fermé votre livre pour me promener ; j’entame la conversation en grimpant quelque sentier ; je la continue, assis sur une pierre ; j’attends avec vous la minute glorieuse pour laquelle je suis venu jusqu’ici : le soleil a disparu derrière les cimes de l’ouest ; dans un instant, très haut dans le ciel, bien au-dessus des nuages qui se traînent sur les montagnes violettes, ses rayons vont faire surgir le glacier que je surveille et qui resplendira dans la lumière. Lorsque la gloire s’est éteinte, et que les neiges lointaines sont devenues tristes et livides, je reprends la causerie, tout en dévalant rapidement sur la route, pour me réchauffer et ne pas arriver en retard au dîner de famille, dont le menu commence à préoccuper mon estomac vide.

« Votre livre sur les Lois Naturelles m’a un peu expliqué ce qui m’étonnait dans votre opinion : « Il ne faut pas, dites-vous, nous faire illusion sur notre pensée et notre science : elles sont à notre taille. » Je le veux bien ; mais je ne sais pas trop où je commence et où je finis, et si je n’embrasse pas tout ce que je pense. Me voilà bien grandi, et