Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/30

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déjà son siège fait. Je resterai athée après l’avoir fini, et le lecteur aussi s’il l’était ; sinon il restera croyant comme devant ; le plus curieux serait qu’un athée, l’ayant lu, devînt croyant ; mais cela n’est pas impossible, car bien des athées n’ont pas voulu voir toutes les conséquences de l’athéisme ; or, je n’en déguiserai aucune, du moins de celles que je connais, et il en est qui ne sont pas pour plaire à tout le monde.

Pourquoi, dans ces conditions, avoir écrit ce livre, s’il doit déplaire à tant de gens, et tourner contre moi une partie au moins de ceux qui, jusqu’à présent, accueillaient mes productions avec faveur. Il est difficile à un athée convaincu d’avoir un but lointain ; je n’en ai pas ; je ne suis pas de ceux qui pensent que le pommier a un but en donnant des pommes ; il donne des pommes suivant sa nature : je fais comme le pommier. S’il est permis cependant à un pauvre psychologue comme moi d’essayer de démêler les raisons qui m’ont poussé dans cette affaire, je crois bien que je trouve les principales dans les attaques dont j’ai été l’objet de la part de beaucoup de feuilles religieuses. On m’a accusé de perfidie et de sottise, et j’avoue que cela m’a plutôt amusé ; mais on m’a excommunié une fois pour toutes, en déclarant que mon système biologique conduisait à l’athéisme le plus pur ; or l’athéisme est condamné définitivement par tous les grands esprits de l’huma-