Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/305

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


ne le saura pas de longtemps ; je soupçonne seulement que l’état colloïdal des substances vivantes n’est pas étranger à l’accomplissement de cette merveille. Mais, sans connaître le détail des choses, je ne suis pas médiocrement satisfait d’avoir remplacé par une formule unique et claire toutes les définitions vagues et contradictoires dont on a encombré jadis mon jeune cerveau.

Il est bien entendu que le mot « frottement » est employé ici dans un sens figuré ; l’aveugle de Diderot ne concevait guère d’autres moyens d’action d’un corps sur un autre ; mais nous sommes mieux outillés que lui ; le mot « réaction », le mot « lutte » valent sans doute mieux que le mot « frottement », qui a l’inconvénient d’éveiller une image trop précise.

Et cependant, même dans des cas de frottement pur et simple, il peut y avoir assimilation fonctionnelle ; si votre cordonnier vous a fait des souliers trop larges, l’épiderme de vos pieds se développera par le frottement ; vous aurez un durillon et cela vous empêchera d’oublier désormais que vous ne vous comportez pas comme un caillou.

J’aurais mauvaise grâce à insister, car vous ne faites vous-même qu’en passant la petite objection à laquelle je viens de répondre ; voici qui est plus important, et je recopie textuellement quelques lignes de votre lettre :

« Dans ce long frottement que vous décrivez, du