Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/306

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monde extérieur sur la pensée de nos ancêtres, dans ce travail où l’ouvrier (c’est le monde extérieur) rejette les échantillons imparfaits et parvient, à force de temps et d’essais manqués à construire l’organisme compliqué qui est le nôtre, il me semble que vous négligez trop la pensée elle-même ; qu’est-elle pour avoir supporté ce merveilleux travail ? Pourquoi ce travail s’est-il exercé ? Il ne me suffit pas que vous appeliez épiphénomène ce je ne sais quoi : il est quelque chose. Lui aussi est dans la nature, il est au moins une possibilité de ce qui est ; il est capable d’exister et de se manifester à sa façon, de s’adapter aux choses et d’y pénétrer ; s’il n’est pas distinct du monde extérieur, il en est une activité propre qui ne ressemble pas aux autres ; c’est cette activité propre que je ne vois nullement dans votre livre. Je ne vous demande pas de la définir, tout ce que vous savez n’y suffirait pas. »

Voilà quelques lignes qui, si je ne me surveillais, m’amèneraient à écrire tout un volume. Je tâcherai de me borner à quelques phrases ; d’ailleurs, j’ai déjà dit ailleurs à peu près tout ce que je vais vous dire, mais j’ai tant écrit et avec tant de prolixité, que malgré votre bienveillance pour moi, vous n’avez pu tout absorber.

Et d’abord, il est bien entendu que je ne traite pas d’épiphénomène la pensée c’est-à-dire le fonctionnement du cerveau, qui est au contraire, à mon