Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/316

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éveille seulement dans ma conscience, par une réversibilité qui vous paraît naturelle, des phénomènes extra-physiques du même ordre que ceux qui se sont passés dans le vôtre, mon raisonnement ne vaut rien ; je n’y tiens d’ailleurs pas beaucoup ; mais cela m’a amusé de le faire, parce que je me suis imaginé, en le faisant, qu’il vous convaincrait. Je vois bien maintenant qu’il ne vaut rien ; mais où serait le plaisir de la discussion si l’on n’était pas convaincu, à chaque instant, qu’on a terrassé son partenaire.



Il me reste à me défendre d’un reproche que vous m’avez fait et que je ne mérite pas ; je veux parler du caractère exclusivement utilitaire des recherches scientifiques. Je ne crois pas avoir jamais rien dit qui puisse s’interpréter ainsi, car je ne saurais confondre la science, trésor collectif de la fourmilière humaine, avec le mécanisme personnel de chaque individu, animal ou homme. C’est seulement dans le perfectionnement de l’égoïsme personnel que l’utilité des conquêtes sur le milieu est évidente. Si notre système sensoriel était construit de manière à nous faire voir une bosse là où il y a un trou, nous courrions les plus grands dangers ; il a fallu, pour que notre espèce se soit perpétuée, que notre adaptation au milieu nous ait permis de résister