Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/315

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notes sont pareilles pour le concert des instruments et des voix. »

Eh bien ! tout ce que je connais de votre pensée actuelle, je le connais par ces caractères d’imprimerie tracés dans la Revue du mois ; et si la pensée de Diderot a eu de l’influence sur la vôtre, c’est aussi par des caractères d’imprimerie ; tout ce que nous savons, nous pouvons le représenter ainsi, par des signes qui sont purement spatiaux. Symboles, dites-vous ; je veux bien, mais quels beaux symboles ! Je les admire autant que vous pouvez admirer l’épiphénomène de conscience. Ils sont conventionnels ? d’accord ; mais ceux du phonographe ne le sont pas et sont aussi puissants ; je considère le son comme un épiphénomène du mouvement de l’air qu’a enregistré le phonographe ; au même titre, la conscience que vous avez de votre pensée est un épiphénomène du mouvement de votre cerveau ; que vous puissiez traduire cette conscience en signes purement spatiaux, et me faire assister de loin, par la poste, aux merveilleux phénomènes qui se passent sous votre crâne, cela me donne à penser justement qu’il ne s’y passe rien que de mesurable et de spatial. Évidemment, je tourne dans un cercle vicieux et je ne démontre rien à personne ; pour moi qui suis persuadé qu’il n’y a rien que de physico-chimique dans mon cerveau, cette démonstration était inutile ; pour vous qui êtes convaincu que votre message symbolique