Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/34

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Du moment qu’on renonce à des principes ayant si anciennement fait partie de la nature humaine, ou du moins qu’on cesse d’attribuer à ces principes une valeur métaphysique absolue, on est un peu comme un vaisseau qui, abandonnant le vieux gouvernail traditionnel, en a adopté un nouveau, plus perfectionné peut-être, mais dont il ne sait pas encore se servir. De là des contradictions, des fluctuations dans toutes les questions d’ordre social. Quand il s’agit de sociologie, je me ferais volontiers croyant pour discuter avec un athée, comme je suis athée pour discuter avec un croyant ; ce qui me frappe, en effet, dans la discussion, c’est surtout le mauvais côté du système que défend mon interlocuteur ; l’esprit de contradiction ne peut manquer à celui qui cherche encore des principes de conduite définitifs.

J’avoue d’ailleurs que je ne m’attendais pas, en commençant mes études biologiques, à m’occuper un jour de leurs conséquences sociales ; j’ai fait longtemps du déterminisme en étudiant la vie des autres animaux, sans me douter que je serais forcé, plus tard, de retrouver la même chose en moi ; j’ai continué de vivre avec les principes métaphysiques et moraux qui faisaient partie de ma nature, sans me demander s’ils n’étaient pas en contradiction avec mes convictions scientifiques. Il y a quelques années seulement, en faisant un examen de conscience philosophique que j’ai exposé dans