Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/58

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


elles prêtent aux développements poétiques et déclamatoires ; personne n’y est insensible. La théorie évolutioniste a déplacé la question quant à l’harmonie que nous constatons dans les choses ; ce ne sont pas les choses qui sont harmonieuses (qu’est-ce que cela voudrait dire ?), ce sont les êtres qui se sont adaptés aux choses, de manière à être habitués à leur manière d’être, et à se trouver à l’aise au milieu d’elles. La loi d’habitude a remplacé l’admiration stérile des harmonies providentielles. Mais, même en laissant de côté cette question de l’harmonie préétablie, et celle des causes finales qui en est un dérivé, la constatation de l’existence des lois naturelles immuables doit suffire à plonger l’homme dans un profond étonnement. L’homme étant lui-même un produit de la nature, un résultat de l’évolution adaptative de substances soumises aux lois naturelles, dans des milieux soumis aux lois naturelles, doit se garder de toute prétention métaphysique au sujet de l’existence de ces lois ; il en est un résultat, et il en peut étudier les résultats ; voilà tout. L’admiration est la forme la moins antiscientifique que puisse prendre chez l’homme actuel le vieux sentiment métaphysique héréditaire. Pour moi, déterministe convaincu, il ne reste plus rien de vraiment admirable en dehors du déterminisme lui-même.

Ce déterminisme me conduit à la négation raisonnée de l’âme humaine, de la liberté, de la