Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/76

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jointement avec les patenôtres, si son enfant avait le croup ; mais cela tient à ce que la foi n’est plus bien vive ; elle est moins vive, le plus souvent, que l’amour maternel. Une foi absolue ferait sombrer ses adeptes dans le fatalisme le plus dangereux ; il me semble du moins que je serais fataliste si j’étais croyant ; en tout cas je ne serais pas dangereux pour les mécréants que je me contenterais de plaindre de toutes mes forces. Comment, après avoir dit : « Je crois en Dieu, le père tout-puissant », peut-on se permettre d’imposer à d’autres hommes la volonté de Dieu ? Les croisés croyants sont invraisemblables. Comment peut-on dire en invoquant le père tout-puissant : « que votre règne arrive, que votre volonté soit faite ! » Cela dépasse ma logique d’athée. « Dieu fit bien ce qu’il fit », a dit le bon La Fontaine et, l’homme qui s’imagine, dans ses guerres religieuses, faire les affaires de Dieu, est comparable à la « mouche du coche » du même fabuliste. Encore la mouche est-elle plus importante pour le coche que l’homme pour Dieu ; elle peut faire cabrer les chevaux. La posture logique pour un croyant est de laisser faire, de prier, et d’avoir peur.

Je me demande d’ailleurs si les fanatiques des guerres religieuses avaient la prétention de faire œuvre pie et s’imaginaient gagner le ciel ; cela était peut-être vrai de quelques-uns d’entre eux ; pour la plupart, il me semble, laissant de côté les