Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/89

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des caractères nés chez nous d’une existence sociale prolongée pendant des milliers de générations.

Nos ancêtres isolés étaient différents de nous ; nous ne pouvons donc pas nous mettre dans leur peau et comprendre les raisons qui les ont décidés, petit à petit, à vivre en société ; nous leur prêterions, malgré nous, des idées et des sentiments d’hommes du vingtième siècle.

Je pense que, vivant isolés, ils n’avaient pas l’idée de Dieu. Cette idée leur aurait été inutile ou même nuisible, comme au tigre. Je n’oserais pas l’affirmer cependant ; il est possible que les questions métaphysiques se soient posées de bonne heure dans le cerveau des pithécanthropes, mais il me paraît plus probable que, quand ils avaient fini de chasser et de manger, ils dormaient ; ils avaient trop à faire pour se poser des problèmes saugrenus.

Quoi qu’il en soit, et sans que nous puissions émettre à ce sujet autre chose que des hypothèses, un moment arriva où nos ancêtres devinrent des animaux sociaux. Ce que nous pouvons dire de plus raisonnable de cet événement, c’est que nos ancêtres y furent amenés tant par les conditions ambiantes que par certains caractères existant dans leur propre nature. Évidemment, les sociétés initiales (que certains philosophes peu scrupuleux nous offrent comme modèle ; c’est comme si on demandait aux abeilles d’imiter les frelons ; mais