Page:Le Franc - L'âme maternelle - nouvelle canadienne inédite, Album universel, 8 décembre 1906.djvu/3

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— Au match de football, au McGill, papa. Vous le savez bien, on en a parlé au déjeuner.

— Et Jeanne ?

— Avec mère aussi.

— Et ton frère ?

— Oh lui, il n’aurait pas manqué la partie ! Beaucoup de ses camarades y sont engagés. Les étudiants du McGill jouent contre ceux de Toronto. Songez comme ce doit être « exciting », papa, pour Jeanne et André surtout, qui connaissent la plupart des jeunes gens de l’équipe de Montréal. Et dire qu’il a fallu que j’attrape ce stupide mal de gorge juste aujourd’hui !

Il l’interrompit avec violence.

— Et naturellement, c’est un grand malheur pour mademoiselle de manquer le match, quand le dessus du panier est à s’ébahir devant les prouesses de petits gentlemen en maillot rouge et noir !

Tiens, tu seras comme ta mère, comme ta sœur, comme elles sont toutes, une « five o’clock tea », ni plus ni moins. Il te faudra des sports, des matches,