Page:Le Franc - Le wattman - nouvelle canadienne inédite, Album universel, 29 septembre 1906.djvu/5

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passé de ses services, qu’on s’en passerait encore, qu’on ne lui avait pas payé douze années de collège pour qu’il conduisit la charrue, comme Cincinnatus qui, lui aussi pourtant, parlait le latin. Mais Cincinnatus était revenu des grandeurs. Voilà ce que pensa le jeune Lacombe, et ce qu’il ne pouvait expliquer à son brave homme de père.

Il se sentait devenu un étranger pour la communauté, et, pour ne pas être mis ouvertement à la porte un jour ou l’autre, il reprit le chemin de la ville.

Il se mit à la recherche d’un emploi, hanta les ascenseurs des “building” où, dans les bureaux feutrés de tapis verts, des hommes importants brassaient des affaires considérables. Il offrait ses qualités de parfait secrétaire à ceux dont il aurait pu devenir le collègue avec un peu de goût pour la profession, d’amour du travail et aussi d’encouragement des dieux.

Mais, s’il savait traduire les “Bucoliques”, s’il possédait certaine élégance mystérieuse et fluide dans la langue de Cicéron, il n’était qu’un paltoquet dans celle que les mortels de Montréal parlaient alors, en l’an de grâce 1905 à Montréal.

Il ne connaissait ni ce que les anciens appelaient avec pompe l’art épistolaire, ni ce qui,