Page:Le Goffic - Poésies complètes, 1922.djvu/133

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Lui rêvait d’offrir à sa fiancée,
Pour le jour prochain qui les unirait,
Ce meuble fleuri comme sa pensée,
Comme elle accueillant, profond et discret.
 
Il l’imaginait dressé près de l’âtre,
Sous ses beaux draps blancs, rugueux et cossus,
Avec son buis vert et ses saints de plâtre,
Madame la Vierge et Monsieur Jésus.

Et de frais rideaux de souple percale
Coulaient de sa frise en plis onduleux :
C’était l’abri sûr et la bonne escale,
Le nid tiède où chante un chœur d’oiseaux bleus.
 
Ils y goûteraient une paix profonde
Dans le cadre ouvré des panneaux à jour.
Tous deux seraient là comme au bout du monde,
Isolés, perdus dans leur grand amour.
 
Quand les ajoncs d’or font craquer leurs cosses,
La graine autour d’eux s’éparpille au vent ;
Ainsi jailliraient de ses flancs précoces
Les blonds héritiers dont ils vont rêvant :