Page:Le Goffic - Poésies complètes, 1922.djvu/148

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Mais Marivônic espère quand même.
En vain le temps passe, elle attend toujours,
Et, pour faire honneur à celui qu’elle aime
On ne la voit plus qu’en riches atours.

Regardez ! Sa coiffe est toute en batiste.
Ah ! qu’elle est jolie avec son justin
Où de fins galons, couleur d’améthyste,
Courent sur la laine et sur le satin !…

Et l’année ainsi va chassant l’année.
Marivône est vieille et marche à pas lents,
Et rien n’a changé dans sa destinée,
Sinon qu’aujourd’hui ses cheveux sont blancs.



III


 
Et la voilà vieille, vieille,
Au point qu’elle n’a, dit-on,
Sa pareille
Dans aucun bourg du canton.