Page:Le Goffic - Poésies complètes, 1922.djvu/150

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IV


Or, un jour de printemps que la brise était douce,
Le beau vaisseau parut au détour du chenal,
Le jusant vers la mer l’entraînait sans secousse
Et ses hunes baignaient dans le vent matinal.

Mais à mesure aussi qu’il approchait des berges
On voyait que ses mâts étaient tendus de deuil.
Ses sabords restaient clos et quatre rangs de cierges
Flambaient sur le tillac autour d’un grand cercueil.
 
Et dans ce grand cercueil, large assez pour deux places,
Sur des coussins d’argent, de perle et de velours,
Pâle comme les lys tombés de ses mains lasses,
Le prince Hadanic-Vor reposait pour toujours.

Marivône en silence attendait sur la grève,
Ses yeux gris avivés d’on ne sait quel éclat,
Car elle discernait maintenant qu’aucun rêve
N’a d’accomplissement sinon dans l’Au-Delà.