Page:Le Goffic - Poésies complètes, 1922.djvu/161

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Mais, insoucieux du gouffre béant,
Mon cœur est parti vers l’Île du Rêve.
Des filles rôdaient, pieds nus, sur la grève,
Fanant les prés roux du glauque océan.

La jupe roulée autour de leurs hanches,
L’œil hardi, le pas scandé d’un refrain,
On voyait glisser dans l’herbier marin
L’éclair sinueux de leurs formes blanches.

Et, sous leurs cheveux lissés en bandeau,
Ce pas cadencé des blanches faneuses
Avivait encor leurs chairs lumineuses
Qui transparaissaient dans les flaques d’eau.

Elles étaient trois, diverses par l’âge :
Guyonne au col souple, Hervine aux cils d’or,
Et celle qui semble un lys du Trégor,
Jossé, la plus jeune et la plus volage.