Page:Le Goffic - Poésies complètes, 1922.djvu/243

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Ce n’est plus la folle gabare
Qui dansait sur les flots légers,
Avec l’Espérance à sa barre
Et mes vingt ans pour passagers.
 
Sa voile en loque où le vent gronde,
Ses flancs meurtris par tant d’écueils
Disent assez aux yeux du monde
La défaite de ses orgueils.
 
Mais la rade est profonde et sûre
Où s’est ancré le vieux ponton
Et, pour étancher sa blessure,
Voici le soir, le soir breton,

Le soir qui se penche à sa poupe,
Inspecte son flanc démoli
Et le calfate avec l’étoupe,
La grise étoupe de l’oubli…