Page:Le Goupillon, 1761.djvu/10

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Goupillons noirs ſont rudement braqués
Aux mains des Sœurs, & les blonds débuſqués.
Où l’un s’embraſe, un plus foible ſe bleſſe,
Contre le cuir ſi doux, & la ſoupleſſe
De ces poignets qu’eut chanté l’Arétin.
Beaux petits doigts moelleux comme Satin,
D’un vieux Pontife échauffant l’excreſcence,
Si dextrement le pincent, qu’à la fin,
En grimaçant pâme ſon Eminence.
A ſes côtés, Preſtolets tout membrus,
Servent d’abord Tourrière à main ridée,
Qui du plaiſir déſeſpère l’idée,
Mais pour des gueux plus belle que Vénus.
Ah ! c’eſt trop loin pouſſer le Fanatiſme,
Dit notre Abeſſe, & j’entrevois un Schisme,
Ces Brebis-là prennent Loups pour des Saints ;
Seule à ces trous, armons nos triſtes mains
De Goupillons, & chargeons nous des crimes :
Les jeunes Sœurs du dégât ſe moquoient,
Et relevoient tout d’un coup les victimes,
Vieilles ſans-dents d’un doigt les terraſſoient.
L’Amant revint ; longue paix fut conclue,
Vîte au Chapitre. On boucha ſur la Rue,
Ces gros Lézards que les Diables fendoient ;
Mais l’Architecte y perdit ſes meſures,
Chez les Nonains il eſt trop d’ouvertures.