Page:Le Goupillon, 1761.djvu/9

La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

Agnès déja donne un tour à ſa guimpe,
Dans le Couvent prône le Goupillon ;
Il en vient ſix, & trote cotillon,
L’une eſt au trou, l’autre piétine, grimpe
Aux Aſſiégeans : l’amazone Eſcadron,
De main en main les tâte, les extorque ;
Gentils Gaulois, aux plaines de Minorque,
Etoient moins fiers d’empoigner Port-Mahon.
Chaque Nonette, à travers vingt troüées,
De ſes beaux yeux fait jouer l’arſenal,
Vingt bras mignons y montent les tranchées,
Un Manche eſt fait bâton de Maréchal.
Incontinent viennent ſous les Murailles,
Moines, Abés, Camerlingues, Prêtrailles,
Serrés d’aumône, ouverts d’aſperſions.
Tout bras tendu prend ſaumons à la ligne,
Doigts fuſelés y ſervent d’ameçons,
Jamais Nonain, pêcheuſe un peu maligne,
A cette chair n’amorça des goujons.
Là, gît l’albâtre, ici, la roſe brille.
Objets friants ! crioit un Candidat,
Que dans ma peau je me damne ! je grille !
Ah quel bonheur ! j’ai les ſens d’un Prélat !
Ça, mes Patrons, ajoute un Carme hermite,
Aux voluptés nous ſommes tous élus,
La Dîme ici n’eſt point pour les goulus,
C’eſt à la Pourpre à cèder au mérite.