Page:Le Goupillon, 1761.djvu/8

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Volontiers baiſe, eſt-il rien plus humain ?
Dans ſa ferveur certain bouton ſe briſe :
Las ! fit Agnès, qui me remplit la main ?
Eſt-ce un porreau dont la racine friſe ?
Non, repart-il, déja d’aiſe égaré…
C’eſt… Eh bien ? C’eſt ? ce qui conſtruit un Pape,
Lèchez, ma Sœur, le Goupillon ſacré.
Lors, l’innocente en crainte qu’il n’échape,
A ſoi le tire à travers l’épaiſſeur,
Le lèche enfin, au moins vaille que vaille,
Car, d’excéder juſtement la Muraille,
De ce talent n’eſt doté Monſeigneur.
Bientôt Agnès fait l’éloge hiſtorique
Du grave Outil, peint ſa tête élaſtique
A ſon Abeſſe ; & ſoit oubli, ſoit peur,
Qu’on ne prit mal le train de l’Ambaſſade,
Ne ſonna mot d’Agent, ni de Malade.
Tout beau, va dire un ſubtil raiſonneur,
C’eſt trop d’oubli, quelle ſottiſe extrême !
Ami Lecteur, croyez, ni croyez pas,
Qu’y feroit-on ? ſuffit qu’en tels ébats,
M’avint toujours de m’oublier moi-même.
En tout ceci n’iroit-il point d’erreur,
Se dit la Dame ? oui, ſans doute, & ma Sœur,
A pris mon bien, trahi le Décalogue :
Ah carnacière ! ah chèvre ! petit dogue !
C’eſt donc ainſi qu’on me nâvre le cœur ?