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ENDYMION




Imité du SEAU ENLEVÉ, de TASSONI.




Un soir, couché sur l’herbe et les fleurs, épuisé
Par la chaleur du jour et les travaux champêtres,
Le bel Endymion dormait. L’air apaisé,
À travers le feuillage assombri des grands hêtres,
Agitait sur son front les zéphirs de la nuit.
Soudain, mille petits Amours, troupe lutine,
S’échappent de l’azur, et s’approchent sans bruit,
Se disant « chut » du doigt d’une façon mutine.
Ils viennent dénouer son carquois et son cor,
Ravis et charmés : car, à sa longue paupière,
À l’éclat de son teint, à ses beaux cheveux d’or,
Ils ont pris le berger pour Cupidon, leur frère…