Page:Le Nismois, La Tunique de Nessus, 1900.djvu/57

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— Pas un de mes danseurs qui ne s’y soit hasardé ! Ton cousin Boullignon y est allé de son billet doux. Où l’ai-je mis ? Ah, dans ma poche. Lis-moi ça tandis qu’Annina achèvera de me déshabiller. Assez de baisers, petite, pour un instant, ne te désole pas. Place ma toilette à la salle des costumes. Tu lis, Stani.

— Écoute cette tarte : « Ô ma cousine, le ciel, en vous donnant cette qualité, a voulu favoriser le ver de terre qu’est votre cousin et qui ose lever sur votre majestueuse beauté ses faibles regards, craignant toujours de perdre la vue sous l’éclat de vos rayons. Vous aimer et vous le dire, on hésite : moi, je m’y risque. Lorsqu’on est belle comme vous l’êtes, on ne peut rester le bien d’un seul homme, c’est indigne, c’est impie : on doit avoir pitié de ceux qui meurent à petits feux à votre aspect ; moi, je meurs. Sauvez-moi, ma cousine et permettez-moi de venir vous brûler un cierge en l’honneur du dieu Cupidon. Je vous assure que vous serez satisfaite de votre cousin. Une jolie femme aime toujours ça. Puis, ma ravissante cousine, quand on montre les jambes, comme vous le faites, en allant courir avec Stanislas, on ne le fait que pour attirer les regards des gens et, si