Page:Le Nismois, La Tunique de Nessus, 1900.djvu/83

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la bourse, on ne peut aussi vite devenir millionnaire, archi-millionnaire.

— Archi-millionnaires, nous ne le sommes pas tant que ça !

— Irène a une fortune personnelle qu’elle ne possédait pas ; vous êtes séparés de biens : il y a une raison, papa l’affirme.

— Pourquoi ne me le demande-t-il pas ?

— Parce que cela ne le regarde pas, à ce qu’il dit, moi, j’ai des idées.

— Quelles idées, Gabrielle ?

Elle se pencha et lui murmura :

— Irène t’a aidé pour ta fortune : elle a eu des galants et, comme elle est très belle, on lui a donné beaucoup d’argent qui, joint à tes affaires de bourse, vous ont enrichis.

Il était très pâle et s’inquiétait sur ce qui se passait dans l’esprit de cette jeune fille : elle posa la main sur la sienne, et avec des yeux voilés, reprit presque bas :

— Ça te fait-il de la peine que je pense ainsi ! Tu as tort, Stanislas, si c’est vrai ! À sa place j’eusse agi de même et si nous nous réunissons un jour tous les trois, que tu veuilles encore davantage de la fortune, je me vendrais… comme elle s’est vendue.