Page:Le Parnasse contemporain, II.djvu/117

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Mme BLANCHECOTTE

———


CHANTS

I


Comme une sombre histoire encor douce & chérie
Laisse nos deux noms sommeiller !
Du mal d’avoir aimé je ne suis point guérie :
Je ne veux point me réveiller !

Prends garde à ton regard qui peut rouvrir ma peine :
Je veux t’oublier, si je puis !
Mais pour que cet oubli difficile me vienne,
Oh ! fuis-moi comme je te fuis !

Ne nous revoyons pas ! Au son d’une parole
Le passé peut se ranimer !
J’ai peur de moi, j’ai peur que ma fierté s’envole :
Je t’aime, & ne veux plus t’aimer !