Page:Le Parnasse contemporain, II.djvu/118

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Ne la rattache pas, puisque tu l’as brisée,
Notre chaîne aux anneaux d’amour !
Je ne veux plus souffrir, j’ai ma force épuisée :
Je souffrirais de ton retour !

Je te craindrais encor ; je suis toujours sans armes
Contre le souvenir vainqueur !
Tu peux tout contre moi qui n’ai plus que mes larmes :
Ne t’amuse plus de mon cœur !

Pour toi, pour un rayon de sourire infidèle,
Pour te venir quand tu dis : Viens !
Je braverais la mort, car ta puissance est telle
Que je te fuis & t’appartiens !

Plus de ces jeux, va-t’en ! Que notre adieu subsiste !
Tu ne peux m’aimer, laisse-moi !
Sans rien recommencer de notre passé triste,
Je veux me souvenir de toi !


II


C’était dans la saison des roses,
Avril éblouissait ton cœur ;
Le ciel répandait sa couleur
Sur tes ailes fraîches écloses :
C’était dans la saison des roses !