Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/131

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HIPPIAS.

Les Dieux gardent la paix à son toit florissant !
Mais as-tu vu Daphné sa fille en ses demeures ?
Dis si sa vie est douce et si les jeunes Heures
Sur son front innocent passent d’un vol léger.

LE PÊCHEUR.

Les Dieux la firent belle, ils l’aiment, étranger ;
Car la sainte pudeur la voile et la couronne.
Elle est heureuse.

HIPPIAS.

Elle est heureuse. Ami, cette parole est bonne.
Ne peux-tu rien m’apprendre aussi de Kallista,
Sa mère ?

LE PÊCHEUR.

Sa mère ? Elle gémit d’un Dieu qu’elle irrita....
Mais il n’est pas prudent que le pauvre révèle
A l’homme curieux une triste nouvelle.
Je dirai seulement qu’Apollon peut encor
Contre une tête impie armer ses flèches d’or.

Il s’en va.
HIPPIAS.

Oui, c’est Daphné, là-bas, étincelante et blanche !
Cueillant sur le sentier des herbes, elle penche
Sa taille et son beau col plus merveilleux à voir
Que leur image errante en mes yeux clos, le soir.
Je la vois, si longtemps désirée, et sa vue
Verse en mes yeux l’effroi d’une chose inconnue.