Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/171

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ADIEU


Par un décret transmis à toute la Nature,
Le soleil ce matin invite à refleurir
Tous ceux qui souffraient tant qu’ils en voulaient mourir.
Chère âme, il ne faut pas croire à cette imposture !

Nous portons tous les deux au flanc une blessure
Grave, à peine fermée, — et qui pourrait s’ouvrir ;
Nos cœurs dans le tombeau demandent à dormir ;
Pourquoi leur infliger le doute — et sa torture !

Comme un hôte importun, le passé sans façon
Viendrait nous répéter sa funeste chanson
Et notre amour serait une réminiscence !

Disons-nous un adieu qui soit sans lendemain…
Pourquoi se rencontrer si tard sur un chemin
Où nous eussions marché dans une extase immense !