Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/204

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MARS


Un souvenir d’enfance, assoupi dans mon cœur,
Que le retour de Mars joyeusement réveille,
C’est celui d’une Enseigne où trône une bouteille
Qu’emplit, ô Cambrinus, ta fougueuse liqueur :

Caressant d’un colback haut le plumet vainqueur
(Cependant que déjà butine aux champs l’abeille),
Deux houzards moustachus, attablés sous la treille,
Sont là, prêts à goûter la bière fraîche en chœur.

Soudain, le bouchon — pan ! — s’élance vers les nues,
Et la bière en deux jets mousseux s’échappe, mais
Pour obéir, docile, à des lois inconnues ;

Car, — chose que ne vit la physique jamais,
Au grand contentement des braves militaires,
Le liquide obligeant retombe au sein des verres !